Mémorial Act

Bonjour à vous mes lecteurs,

Je préfère vous prévenir ce post sera très personnel et peut être un peu long car on va parler d’un thème qui m’est très cher en ce jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe. J’ai certaines valeurs et une certaine éthique et vous n’êtes en aucun cas obligé d’avoir le même avis que moi ou la même vision des choses, je considère d’ailleurs que les divergences d’opinions sont une grande source d’enrichissement car on apprend toujours de l’autre.

Donc aujourd’hui je vais vous parler du mémorial acte mais surtout d’une grande partie de notre histoire que représente l’esclave.

Le mémorial acte est un musée construit en Guadeloupe, un musée de l’histoire des noirs dans tous ces grands chapitres, de ses racines en Afrique, de la période esclavagiste puis aux différents mouvements comme le black power. C’était pour moi un passage obligé quand je suis retourné en Guadeloupe pendant les vacances. C’était déjà une grande fierté que la Guadeloupe est été le lieu choisit à travers toute la caraïbe et l’Amérique pour représenter l’histoire de nos ancêtres (non non je parle pas des Gaulois).

Je pense être une pro-black et vous comprendrez d’ailleurs pourquoi, mais attention être pro-black ne veut absolument pas dire que nous sommes anti-blanc ou anti quoique ce soit d’ailleurs, chaque culture m’intéresse et chaque culture à ses richesses.

Mais pourquoi cette visite au musée représentait tant pour moi ? Pour le savoir il faut revenir sur le passé de ma tendre île, passé partager entre la caraïbe et le continent africain et l’Europe, le fameux commerce triangulaire.

J’ai souvent entendu dire, « l’esclavage c’est du passé il faut oublier », êtes-vous tombé sur la tête de vouloir oublier cette page si importante de notre vie ? Ai je envie de répondre. Il y encore moins de 215 ans l’esclavage n’étais pas abolit, nous sommes encore si proche de cette période, quand je pense que j’ai eu la chance de connaître mon arrière grand-mère, cette belle négresse aux yeux remplient de sagesse et de savoir d’une vie bien remplie, je me disais toujours que sa mère a quand même été une esclave, elle est née quelques années seulement après l’abolition de l’esclavage et je prenais conscience que cette période était si proche qu’on ne pouvait pas faire comme si elle n’avait jamais existé malgré les désirs de certains.

Il y a donc moins de trois siècles des hommes on été déportés de leurs terres, de leurs familles, pour voyager dans les cales d’un bateau, entassés, affamés, jetés aux requins quand jugés trop faible, pour venir labourer les terres des Antilles et remplacer les Amérindiens décimés par des maladies européennes pour lesquels ils n’avaient aucune immunité ou à cause de mauvais traitements. Des premiers habitants de Guadeloupe, les Amérindiens, ils ne restent donc que quelques vestiges, quelques dessins dans des roches gravées de Dolé par exemple.

Inévitablement l’esclavage fait partie d’un inconscient collectif, qui a façonné les hommes que nous sommes aujourd’hui. Ne pas oublier le passé ne veut pas dire se mettre en position de victime et rester coincé dans cette époque en se disant que tout ce qui nous arrive est dû à l’esclavage.

Non ! C’est se mettre en position d’activisme, connaître pour mieux avancé, prendre conscience pour surmonter les obstacles, puisque oui qu’on se le dise aujourd’hui il existe encore de nombreux obstacles quand notre couleur de peau est noire.

Pourquoi certains, je dis bien certains car je ne suis jamais rentré dans cette catégorie, préfèrent le terme chabine (terme détourné du nom donné à un race de mouton à la peau marron clair), au terme négresse (qui vient juste de l’espagnol Negro qui signifie noir), comme le disait cet homme que j’admire « Le nègre t’emmerde » (Aimé Césaire).

Pourquoi le terme « peau chapée » ? Littéralement « peau sauvée » pour désigner un noir à la peau plus claire, sauvé de quoi très cher, de la condition horrible d’être né avec la peau trop foncée, mais trop foncée selon quelles références, quelles normes ? Pourquoi certaines petites filles se trouvent trop foncées ? Peut être que si ces petites filles avaient été élevées dans la connaissance de leur histoire, dans l’amour de leurs racines, de leurs ancêtres, peut être aurait-elle une autre vision. Je dis pas qu’il faut expliquer à des enfants que leurs ancêtres ont été mutilés, tués, martyrisés pour le prix de la liberté mais il existe des mots simples et une façon de parler adaptées qui commence dès l’enfance et dont l’apprentissage continuera plus tard. Par cette connaissance ne serions nous pas des hommes plus forts et non pas des victimes comme certains veulent le faire croire ?

 

 

Nos ancêtres ?

À l’école j’ai appris de très nombreux chapitres de l’histoire française, des origines Gauloises à la première guerre mondiale puis les autres. Et puis je me souviens qu’au lycée est arrivé ce fameux livre, née d’une adaptation des programmes pour les Antilles. Cela veut dire que les lycées de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont pu connaître leur histoire à l’aide de ce manuel mais qu’au niveau national rien absolument rien ne parle de cette histoire de la France pourtant. Jusqu’à maintenant je cherche une explication rationnelle et voilà pourquoi je me dis que le combat doit continuer. La reconnaissance d’un crime commis, envers des humains considérés comme des biens meubles pendant bien trop longtemps. Le comble de l’histoire reste quand même l’indemnisation des propriétaires d’esclave lors de l’abolition, puisque disons le ce sont eux les véritable victime non ? Puisque que eux reçoivent une indemnisation pour la perte de leurs esclaves. Absurdités en emmenant une autre.

 

Une différence Antillais /Africains ?

Il y a une certaine forme d’incompréhension et de méfiance entre les Antillais et les Africains que l’on ne peut pas nier, ces frères séparés par la tragédie de l’esclavage.

Il faut comprendre que les Antilles et plus généralement la Caraïbe à développer sa propre culture à partir de ses racines mais aussi des différents évènements, influences qui ont été vécus. J’entends souvent dire des personnes venant du continent africain que les Antillais se prennent pour des « blancs », il faut bien comprendre qu’il n’y a pas que deux cultures : la culture européenne et la culture Africaine, non il y en a des tas et les Antilles ne rentre ni dans la catégorie Européenne, ni dans la catégorie africaine malgré de nombreux points communs avec cette dernière.

 

La culture antillaise

La culture Antillaise est ce mélange de caraïbes francophone, anglophone, de l’Afrique, de la France et du continent américain. Moi et mon père nous disons souvent que les Antilles françaises sont les plus grands mélomanes au monde, tout simplement car nous écoutons tellement de style de musiques différents, du zouk de chez nous, de la salsa de Cuba, du reggae de Jamaique, du dancehall de Jamaique et de chez nous, du soca des îles caribéennes anglophones, de la variété française, du compa d’Haïti, du hip –hop et RnB américain, du Jazz et Blues de la Louisiane, et j’en passe tellement la liste serait longue et rien que cela témoigne des nombreuses influences qui ont façonnées ce que nous sommes aujourd’hui.

Notre si belle langue, le créole, ce mélange de français d’anglais, d’espagnol et de langages venus d’Afrique, c’est je le pense notre plus beau trésor. Quand on pense que des hommes on réussit à créer un code pour se comprendre entre eux, une première forme de liberté, une appropriation. Puis le Gwo ka, ce mode d’expression musicale où les sons des tambours racontent bien plus que tous les livres du monde, écouté juste ce son résonner en vous et vous comprendrez.

Le carnaval, l’art culinaire, dois encore prouvées que cette culture est riche et unique?

 

Alors vous allez me dire que j’ai à peine parlé du mémorial acte mais tout cela est lié, j’ai entendu dire ici et là que c’était une dépense inutile, et je ne partage pas cet avis. Le mémorial acte porte bien son nom, cette magnifique construction sur ce si beau site est le lieu de mémoire qui permet enfin de rassembler le passé et les origines d’une communauté dispersée sur plusieurs continents. J’ai adoré la visite très instructive car même si j’ai toujours cherché à me renseigner moi même sur mon passé, j’ai appris bien des choses. Le cadre extérieur est tout aussi agréable et j’ai aimé voir la population se l’approprier en passant des après midi entre amis à discuter dans ce cadre magnifique au bord de l’eau. Et ce que j’ai le plus aimé c’est voir la diversité des visiteurs, des blancs, des noirs, des Indiens, serions-nous enfin sur la voie ? Oui je le crois.

Si vous allez en Guadeloupe c’est un passage obligé, je ne conçois pas de visiter un endroit sans connaître un minimum de sa culture. La Guadeloupe ce sont des belles plages, un ciel bleu, des rivières magnifiques mais pas que et s’intéresser à la partie immergée de l’iceberg c’est montrer son respect envers la population.

Si ce cher Donald Trump est aujourd‘hui président d’une puissance comme celle des États-Unis, cela prouve que nous devons continuer le combat des opprimés de la société, ceux qui ne rentrent pas dans le moule façonné par des fascistes, des mégalos à l’esprit aussi petit qu’un pois chiche, qui pourtant on réussit à propager leur idéologie désastreuse.

Voilà je vais m’arrêter là car je crois que cela fait déjà beaucoup, merci pour ceux qui ont lu jusqu’à la fin, cet article n’est pas adressé à la seule communauté noire, bien au contraire, n’hésiter pas à laissez vos commentaires car je vous l’assure écrire fait du bien, même si vous n’êtes pas d’accord je suis curieuse de connaître vos points de vue.

 

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